3 choses que vous ne pouvez pas deviner
…en visitant le Centre d’interprétation Bordeaux Patrimoine Mondial. Ou comment le choix du réemploi façonne une exposition 🌍 ♻️ 👷
Le CIAP* de Bordeaux (Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine) a rouvert en décembre dernier, dans un nouveau lieu et avec une toute nouvelle scénographie. C’est désormais au Musée d’Aquitaine que l’on peut explorer l’histoire et le patrimoine de la ville. Pensée autour du réemploi des matériaux, cette scénographie vient bousculer l’image parfois poussiéreuse associée au patrimoine, pour proposer une lecture vivante et actuelle de la ville.
Voici 3 choses que vous ne pouvez pas deviner en visitant l’exposition !
1. La quantité d’éléments réemployés
Une grande partie des éléments provient de l’ancien centre situé place de la Bourse : éclairages, vidéoprojecteurs, matériel numérique, et même un des meubles scénographiques. Le reste du mobilier en bois est issu d’expositions passées, dont les matériaux ont été récupérés puis stockés à la Ressourcerie culturelle de la ville, installée à la base sous-marine.
Autre exemple intéressant : les structures des “murs” ont été construites à partir de bois récupéré de l’ancien skatepark de Darwin.
Le résultat c’est près de 17 tonnes de CO₂ économisées pour la conception de l’exposition !
2. La raison des couleurs “pop” de l’exposition
La palette de l’exposition prend sa source dans le vitrail central : rose, jaune et turquoise. Des couleurs vives et joyeuses, loin de l'imaginaire figé associé au patrimoine.
La partie du parcours en vert raconte une autre histoire. Elle structure l’espace avec des suspensions de tissus acoustiques récupérés dans les stocks de chutes de l’entreprise girondine Texaa. Dans une démarche de réemploi, le design ne part pas d’une intention idéale, mais d’une réalité matérielle.
Ici, c’est la disponibilité du matériau qui a guidé le choix de la couleur et, avec elle, l’identité de l’espace.
crédit photo : Ivan Mathie
3. Le réemploi change l’équation du budget
On pourrait penser que réemployer et récupérer des matériaux permet de réduire les coûts : les matériaux sont disponibles à moindre prix ou souvent gratuits.
Mais en fait, le budget se déplace. Ce que l’on économise en matériaux est souvent investi en temps humain pour : identifier les ressources disponibles, adapter la conception, démonter, contrôler les normes feu… Ce type de projet nécessite une grande flexibilité pour réussir à s’adapter aux contraintes propres au réemploi. Ici, c’est le collectif Bordelais Cancan qui a remporté l’appel d’offre de la Mairie de Bordeaux et qui a rempli cette mission. Dans les liens plus bas, je vous ajoute le post Linkedin où ils développent leur rôle sur l’expo.
Le réemploi demande souvent plus d’ingénierie et d’adaptation qu’une production entièrement neuve.
crédit photo : Cancan
Découvrir les coulisses de la conception et du montage d’une exposition est toujours passionnant. Depuis son ouverture, le centre propose régulièrement des visites thématiques, dont celle consacrée aux “dessous” de l’exposition à laquelle j’ai eu la chance d’assister. Une très belle initiative de Bordeaux Patrimoine Mondial, qu’on aimerait voir se généraliser à toutes les expositions 👏
Les liens
🏛️ L’agenda du Musée d'Aquitaine qui organise les visites.
🚧 La ressourcerie culturelle municipale de Bordeaux.
👷 Le site du collectif Cancan et leur post sur l’expo.
🧑🎨 Le site du studio Tabaramounien qui a conçu le design graphique.
📷 Le site d’Ivan Mathie qui a photographié l’expo pour Cancan.

